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Novembre 2005

5 questions à… Joël Berque : “l’hôpital, une structure exigeante mais ouverte”


Premier employeur de la région Aquitaine, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux rémunère près de 13700 personnes par mois (1). Joël Berque, directeur des ressources humaines de cette structure de référence (2) depuis 1998, fait le point sur les métiers porteurs à l’hôpital.


- Comment se rEpartissent les diffErentes catEgories de personnels sur l’ensemble des Etablissements et des services du CHU ?

On distingue, au sein de l’hôpital, deux grandes catégories de personnels : le personnel médical qui regroupe l’ensemble des médecins (praticiens, hospitalo-universitaires, internes…) et représente plus de 20% des effectifs totaux, du personnel non médical qui constitue les 80 % complémentaires. Cette deuxième entité est composée majoritairement des personnels soignants (infirmières, aides-soignantes, auxiliaires puéricultrices…), des personnels administratifs (secrétaires, gestionnaires…), des personnels médico-techniques (manipulateurs en électroradiologie, techniciens de laboratoire, préparateurs en pharmacie…), des personnels techniques et ouvriers (ingénieurs, techniciens divers, cuisiniers, magasiniers…) et enfin des personnels des services informatiques (ingénieurs, analystes programmeurs, analystes…) L’éventail des métiers en milieu hospitalier est large ! D’ailleurs, dans un récent ouvrage (3), l’Ecole Nationale de la Santé Publique (ENSP) vient d’en répertorier près de deux cents.

- Quels types de personnels le CHU de Bordeaux recrute-t-il actuellement ?

Infirmières (spécialisées ou non) et aides-soignantes sont recrutées ici de manière quasi permanente. Pour vous donner une idée de valeur, le CHU de Bordeaux, a recruté quatre cents nouvelles infirmières et deux cents aides soignantes (et auxiliaires puéricultrices) dans la seule année 2005. Le turn-over, dans ces métiers, est encore très important. De manière plus ponctuelle, nous pouvons avoir des besoins moins massifs, quoique groupés, en secrétaires ou encore en personnels techniques comme en cuisiniers.  À ces vagues plus ou moins importantes de recrutements, s’ajoutent les remplacements qui touchent tous les métiers et auxquels nous procédons, au coup par coup, au fur et à mesure des départs. 

- Comment ce recrutement se déroule-t-il et existe-t-il des périodes plus propices pour postuler ?

Nous dépendons de la fonction publique et, de fait, nous observons deux modes de recrutement tout à fait classiques. L’un concerne les personnels titulaires et l’autre touche les contractuels (auxquels nous faisons appel pour assurer les fonctions de remplacement). Dans le premier cas, le recrutement suit les grandes règles des mouvements internes propres à la fonction publique, il s’agit en fait de mutations. Dans le second cas, le recrutement est directement fonction des diplômes requis par obligation statutaire. En clair, nous pouvons recruter une secrétaire médicale ou une infirmière provenant tant du secteur privé que public dans la mesure où elle satisfait au niveau de qualification réglementaire. Pour procéder au choix, nous organisons des concours de recrutement sur épreuves et sur titres tout au long de l’année (nous en avons mis en place cinquante-deux concours, touts métiers confondus, en 2004). C’est aussi par ce biais que nous stabilisons ensuite du personnel contractuel. Enfin, en matière de remplacements ponctuels, il faut savoir que le CHU est très demandeur entre juin et octobre.

- Le CHU assure la formation initiale des différents personnels (médical et soignant) quelle est la politique du CHU en matière de formation continue ?

Nous disposons de treize écoles et instituts de formation au sein du CHU. Certes nous y prenons en charge des étudiants en formation initiale mais aussi de nombreux agents (du CHU ou non) en formation continue. 2,5 % des dépenses professionnelles sont consacrées à la formation continue et à la promotion professionnelle des agents. Concernant la promotion professionnelle, le nombre d’agents pris en charge (rémunérés pendant leur formation) dépend directement de nos besoins. C’est ainsi, par exemple, que les infirmières diplômées d’état peuvent se spécialiser (anesthésie, puériculture, bloc-opératoire) et intégrer aussitôt leurs nouvelles fonctions.

- Toujours au sein de l’hôpital, quels secteurs d’activité vont être conduits à se développer dans les années à venir ?

Je crois que l’on va avoir des besoins évidents en personnels infirmiers “classiques“. Même si elle est sujette à des fluctuations, cette branche d’activité est traditionnellement porteuse d’emplois. Depuis quelques années, on remarque un certain allongement des carrières d’infirmiers et d’infirmières. Et le développement des spécialités va dans ce sens. Dans un pourcentage plus faible mais néanmoins significatif, je pense également que l’on va assister à une inévitable progression des métiers de l’imagerie médicale. Ingénieurs, techniciens, manipulateurs…Le développement de la technologie exige toujours de nouvelles compétences humaines et de fait, engendre des emplois. Enfin, dans un secteur d’activité plus éloigné des soins, nous allons avoir besoin de personnels spécialisés dans les contrôles qualités et la prévention des risques professionnels (en matière de radioprotection notamment). Si elles se dessinent déjà au CHU de Bordeaux, gros porteur en termes d’équipement et de besoins, ces trois grandes tendances s’illustreront, je le pense, dans l’ensemble des centres hospitaliers généraux.


Propos recueillis par Marie-Laure MAISONNEUVE

(1) Ce chiffre (enregistré en 2004) englobe tous les corps de métiers représentés dans les trois groupes hospitaliers (Saint-André, Sud et Pellegrin) que compte le CHU de Bordeaux.
(2) Le CHU de Bordeaux arrive en tête du classement annuel des hôpitaux, élaboré par l’hebdomadaire Le Point en 2005. Il détrône ainsi le CHU de Toulouse qui s’octroie cette année la deuxième place devant le CHU de Lille. Le classement 2005 prend en compte la qualité des soins (32 disciplines concernées) prodigués dans 750 établissements publics et privés.
(3) Répertoire des métiers de la fonction publique hospitalière (Ministère de la santé et de la protection sociale, ENSP, 2004), disponible sur le site de l’ENSP (liste des métiers téléchargeable) : http://editions.ensp.fr

 
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