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Avril 2006

3 questions à… Thierry Renard : les évolutions prolifiques de l’industrie agro-alimentaire

Délégué général de l’Association Régionale pour le Développement des Industries Alimentaires d’Aquitaine (ARDIA) (1), Thierry Renard dirige cette organisation de référence (2) depuis six ans. Il revient sur l’évolution des métiers d’un secteur prolixe (3), “fond de cuve des économies régionales”.

Quels sont, aujourd’hui, les domaines d’activités phares de l'agro-alimentaire en Aquitaine ?

L’industrie agro-alimentaire est, par définition, un secteur stable. Son activité est directement liée à l’évolution du marché de la consommation alimentaire dont la tendance actuelle est de mettre en avant la “naturalité” des produits et leurs qualités nutritionnelles. Conscientes de cet enjeu, les entreprises aquitaines travaillent, dans une démarche d’innovation permanente, à l’élaboration de produits toujours mieux conservés, mieux conditionnés et en phase avec les attentes des consommateurs. Portionnage, certification, traçabilité… Pour être compétitive, l’industrie alimentaire ne peut faire l’économie d’innovations technologiques aussi discrètes sur le produit fini, que redoutables dans les laboratoires. Le but de tout cela étant de proposer des produits “plaisir“ et garantis sans risque.

Précisément, quel est l'éventail actuel des métiers (4) représentés dans ce vaste secteur ?

Il s’agit d’un panel très large composé à 60 % par les métiers de la production (opérateur de fabrication, conducteur de machine, conducteurs de ligne de fabrication, chef d’équipe, responsable d’atelier, responsable de production, directeur de site…). 15 % des métiers concernent l’achat et la logistique (technicien de relation fournisseur, chauffeur livreur, préparateur de commandes, agent logistique, responsable logistique…) et 15 % encore traitent de la commercialisation et du marketing (télévendeur, chargé de relation clientèle, chef de produit, directeur commercial…). Viennent ensuite les métiers d’entretien et de maintenance (agent, technicien et responsable de maintenance), ceux liés à la qualité (agent de laboratoire, technicien et responsable qualité) et enfin ceux traitant du développement durable (technicien et chef de projet recherche et développement). À cela il faut ajouter les métiers liés aux fonctions transversales (assistant de direction, ingénieur informaticien, chef comptable, responsable formation, directeur des ressources humaines…). Globalement, il est à prévoir que les postes touchant à la logique des flux, à l’environnement et à l’approche qualité soient amenés à se développer encore davantage dans les années à venir.

Quelles formations sont à recommander aux candidats à ces postes ?

L’industrie agro-alimentaire souffre d’un problème d’attractivité, en particulier concernant les métiers aussi peu populaires que ceux de l’abattage et de la viande en général. Pourtant, au fil des évolutions technologiques, ces métiers ont changé et ne correspondent plus à l’image négative que l’on pouvait s’en faire. C’est pour cela que depuis trois ans nous favorisons la formation initiale par apprentissage et plus largement la formation continue (qui représente aujourd’hui 2,5% de la masse salariale des entreprises). Cette pratique de l’apprentissage, qui est d’ordinaire davantage l’apanage de l’artisanat que celui de l’industrie, doit nous permettre de former du personnel capable de s’adapter aux évolutions constantes des métiers et de se forger une carrière dans leur spécificité. Marché solvable, emplois stables, peu de risques de délocalisation… l’agro-alimentaire a de quoi séduire plus d’un jeune attaché à son territoire et pour qui la notion de “nourrir les autres” a encore du sens.

(1) Créée en avril 1999 (à l'initiative de la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie d'Aquitaine, de la DRAF et du Conseil Régional) l’Association Régionale pour le Développement des Industries Alimentaires d'Aquitaine (ARDIA) est l'organisation professionnelle des IAA reconnue par les pouvoirs publics. Elle travaille en partenariat avec les 8 Chambres de Commerce et d'Industrie d'Aquitaine et la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie en qualité d'expert sectoriel. Représentation régionale de l'Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA), l'ARDIA est l'outil de structuration et d'interface de l'industrie alimentaire en Aquitaine. Voir le site : http://www.aquitan-iaa.com/
(2) L’ARDIA fédère 170 entreprises adhérentes et rassemble 70% des salariés du périmètre sectoriel. Son conseil administratif est composé des représentants de quatorze entreprises régionales disséminées sur les cinq départements de l’Aquitaine.
(3) Premier facteur d’aménagement du territoire, l’industrie alimentaire emploie 33000 salariés en Aquitaine (dont 60% de femmes) et représente un chiffre d’affaires annuel de 8 milliards d’euros. L’industrie alimentaire transforme 70% des produits agricoles.
(4) Pour plus de détails sur la liste de ces métiers, voir la présentation de l’AGEFAFORIA : http://metiers-industries-alimentaires.com/


Marie-Laure MAISONNEUVE

 
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